"Tout drame personnel tend à vouloir se joindre au drame collectif, raison de la politique et négation du problème originel"
(J'ai modifié la fin, parce que j'avais envie).
J'aime beaucoup cette phrase. Ca fait très sujet de culture générale à Science Po Paris, et encore, ils ne sont pas toujours aussi beaux ...
Je ne vais pas vous faire pour autant la dissertation correspondante, avec toutes les références des philo politiques et de sociologie qui vont bien pour discuter l'affirmation. Simplement,
cette phrase me touche parce qu'à la fois, elle est très proche de moi et, qu'elle m'exaspère profondement.
Alors quoi ? Si je choisis de m'engager au coté de Ségolène Royal, si je pars aider les enfants tchadiens, si tout simplement même, j'entreprend de parler publiquement, est-ce en raison
d'un conflit, d'un drame, d'une cassure personnelle ?
Quant à moi, j'estime qu'on observe ce phénomène tous les jours. La plupart des personnages publics le sont en raison de drames personnels, par processus de conjuration, de thérapie par
l'engagement.
Quand vous dénoncez, je me demande toujours de quoi vous souffrez tant ...
Benazir Butto, le cul de Beauvoir, les baleines, le darfour, le Paris-Dakar, les sans-papiers, votre ordinateur pourri au travail ... scandaleux ? Hum, qu'est-ce qui ne va pas
les amis ? Il y a un problème ?
Quand on prend son RER tous les jours pour travailler dans un bureau d'assurance dans le 8ème arrondissement, j'ai du mal à croire à votre engagement pour urgencedarfour... Je ne dis pas que
c'est mal, mais je pense, qu'en ce qui vous concerne, ça ne va rien résoudre.
La démocratie serait finalement ce régime politique qui prend en charge les problèmes des gens, ou plutôt, c'est ce régime inventé par eux pour s'occuper des problèmes indivudels, tout en ne
disant rien de la vérité de l'homme. Les affaires scandaleuse du monde sont sanctionnées par la démocratie mais les drames intimes des citoyens eux sont ainsi bien mieux passés sous silence.
On vit, mal, mais au moins on peut se plaindre.
L'individualisme, on en parlait, est cette fantastique théorie qui a fait de l'individu un roi pour mieux le faire taire, nier la réalité de la personne, et le rendre politiquement gérable.
Escroquerie. Simple méthode mensongère de gouvernement.
L'individu n'existe que parce-qu'il est malheureux. Il désire, baise, consomme, avance, progresse, invente, fonce... Jamais d'arrêt, jamais de paix, jamais, angoisse absolue, de silence.
Il faut parler et avoir une liste gigantesque de contacts sur son portable ou sur msn...(Ne niez pas, les publicitaires le croient et ont des preuves; ils ont plutôt intérêt).
Il est plus facile de parler à des millions de téléspectateurs ou de prendre rendez vous chez un psy, ou encore de porter plainte, que d'entrer dans une Eglise. L'Eglise... Le vide, le
silence... Essayez donc d'entrer à 10 heures du matin dans votre Eglise de quartier, quand il n'y a personne à l'intérieur. Et racontez moi ce qui c'est passé... L'Eglise, elle, ne nie pas vos
problèmes, ne "vous" donne pas la parole pour vous détendre et ne rien entendre. Elle existe, vous renvoie à vous même et offre une parole justement, qui ne peut pas faire de mal. (Je ne prêche
pas, c'est un constat, un exemple... Aller à la pêche à la truite reviens à peu près à la même chose).
Croire plutôt que soigner. Soigner ? Le premier qui veut me soigner prend mon poing dans la figure... Quel manque de respect.
Partout, on nous donne la parole. Manquerais plus qu'ils nous la vendent encore ! Mais pourquoi diable aurai-je quelque chose à dire ? Parler ... euh non, merci, ça va bien moi... Il n'y a pas
grand chose à dire de toute façon. J'exècre ces gens qui critiquent la morale et qui passent leur temps à dire ce qui est important ou non. Personnellement, je crois qu'il n'y a que très
peu de choses importantes (mais la morale est passionnante); et encore moins de choses dignes d'être parlées.
Si ! On peut parler pour ne rien dire, pour resserer le lien social, pour maintenir la cohésion du groupe. C'est important ... vital peut-être même. Ce bruit léger des conversations de
filles qui ne causent que par plaisir d'être ensemble ... Le premier rationnaliste qui critique mériterait de bouffer ses dîplomes pour l'usage déplorable qu'il en fait (je me demande si c'est
pas de l'auto-critique ça).
Malgré tout, sans mentir, j'ai deux trois choses à dire quand même. J'avoue.
D'abord à ma mère: "je t'aime". Pour la quitter.
A mon père: " Pauvre type va ... je te méprise." Pour le retrouver.
Ceci dit, je ne vois pas l'intérêt d'en faire une philosophie politique pour autant. Ma liberté ne dépend de rien d'autres que de ces quelques mots, et certainement pas de vous. Tous les
théoriciens de la liberté à mon avis sont fous ... Enfin, disons qu'il faudrait connaître leur drame pour les comprendre.
La vérité est simple, crue, dure. C'est comme une matière première.
L'usage qu'on en fait n'est qu'un aléas ponctuel et, oui, "individuel".
Je ne veux pas être libre, je ne veux pas voter, penser, être juge et indépendant, autonome et performant. La seule chose que je désire, c'est la silhouette chaloupée des filles ... Je ne suis
pas un héros démocratique, concerné par tout, ayant un avis sur tout, bon orateur avec toujours l'argument qu'il faut. Je ne suis pas un homme sans drame originel, je suis pas que pure action,
pur progrès, pure force de changement.
Alors, il se peut, finalement, que je sois libre.
Mais, vraiment, ça ne m'intéresse pas.
Ma mère, les filles, ma fille peut-être un jour...
Voilà ma vie.
Les reste n'est que spectacle. Peut-être même pas... Vide.
Alors, à chacun son style de vide.
Moi, je préfère celui des Eglises.
Il me va bien.
(note susceptible d'évoluer).
édit: dites, vous avez lu vraiment ou vous vous en foutez ? nan parce que les fautes, c'est insupportable !